La mise en scène

La mise en scène soutient la structure de la pièce : elle est subtile, simple et réaliste pour les moments du réel, poétique, joyeuse et extravagante pour les moments de rêve.

En effet ces deux personnages contraints, sont forcés par leur existence de ne pas aller au bout de leurs sentiments, obligés de ne pas dire les choses. C’est avant tout leurs émotions et toute leur intériorité qui sont mis en avant au cœur même de leurs échanges. La direction d’acteur s’efforcera d’insister sur le contraste entre ce que ressentent les personnages et ce qu’ils s’autorisent à dire. Dans les moments réels, le naturalisme de la mise en scène fait ressentir aux spectateurs la frustration, l’empêchement, que subissent les personnages. Les choix qu’ils font, qu’ils ont faits, les problèmes qu’ils vivent sont simples et universels. Et c’est par ce biais que le spectateur peut s’identifier aux personnages. Qui ne s’est jamais senti pris au piège, qui n’a jamais regretté ses choix ?

Nous sommes imparfaits et c’est ce qui nous relie les uns aux autres, ce sont nos erreurs qui constituent notre humanité.

Par ailleurs, la mise en scène met en exergue des moments oniriques pour bien signifier leur caractère libérateur et initiateur. Dans l’énergie, le décalage, parfois la fantaisie, les moments de rêve apparaissent comme un contre point salvateur à une réalité frustrante. La forme de ces moments si particuliers se doit d’être volontairement forte et distrayante. L’équilibre de la pièce tient à la montée crescendo des deux univers dans lesquels évoluent Alice et Romain, et avant tout, de faire ressortir leur évidente interdépendance.

Quand le bonheur du rêve finit par déborder sur le réel, il rend la réalité plus belle.

Le point sensible du travail du metteur en scène sur Un moment d’égarement consiste à installer progressivement la reprise des échanges sensibles entre Alice et Romain , toujours en tenant compte de l’impact des rêves.

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